Nous tenterons plus loin d’expliquer la formation de la langue Basque / Euskarienne dont les racines – composites – pourraient lointainement atteindre la couche des langues disparues du groupe linguistique C1a2 associé aux *Aurignaciens ; groupe qui était encore présent en Espagne du Nord peu avant la colonisation néolithique [cf. atlas n°4]. Quant au Nord-Caucasien, il comprend aujourd’hui deux groupes : le Nord-Caucasien du Nord-Ouest ou Abkhazo-Adygien, et le Nord-Caucasien du Nord-Est ou Nako-Daghestanien. Or, malgré l’intense renouvellement haplogroupal survenu dans la région depuis le Paléolithique supérieur, il est intéressant de remarquer que les généticiens identifient actuellement 7 % d’individus porteurs d’un haplogroupe C (non précisé) chez les Abaziniens et 2 à 3% d’individus porteurs d’un haplogroupe C (non précisé) chez les Adyges, c’est-à-dire chez deux peuples membres du groupe du Nord-Ouest ; tandis que 7 % des Tabassariens – membres du groupe Lezgique et donc du groupe du Nord-Est – expriment eux aussi un variant de C non précisément déterminé ! Ainsi, comme chez les autres peuples qui ont conservé des langues Déné-Caucasiennes jusqu’à notre époque, nous retrouvons des variants de l’haplogroupe C parmi les peuples Nord-Caucasiens. Ceci s’explique ainsi : bien après l’Hengelo, sous la poussée de nouveaux peuples, les montagnes du Nord-Caucase serviront de refuge aux descendants des peuples *Kostenkiens C1b dont nous venons tout juste de mentionner l’arrivée en Russie Orientale !
Outre la plaine russo-ukrainienne, c’est ce même groupe humain basé sur l’haplogroupe C1b qui fut vraisemblablement à l’origine de la culture de Spitzine (Kostenki-Spitzine) au Nord de la mer Noire. Le consensus n’est pas parfait à son sujet. Mais plutôt qu’une culture ‘’Aurignacoïde’’, comme elle a parfois été qualifiée, il est plus probable qu’elle ait été une forme locale de la culture de Kostenski-Streletskaya ancienne302 dont on situe la fin v. 36.000 AEC. Il est cependant possible que des bandes *Proto-Aurignaciennes se soient également installées dans la région après avoir franchi les bouches du Danube ?
Peuples d’haplogroupe C de Sibérie
Comme pour la plupart des autres migrations paléolithiques, la reconstitution des mouvements des peuples *Déné-Caucasiens-Orientaux porteurs des haplogroupes C*(C2) et de C2 ne peut être basée que sur des recoupements de données, en l’absence actuelle de jalons archéogénétiques. Les principales données solides étant une nécessaire origine moyenne-orientale de la racine de l’haplogroupe C, et la présence massive de son variant C2 au Nord de l’Asie Orientale et au Nord de l’Amérique d’aujourd’hui ; cela en association claire avec la persistance de langues Déné-Caucasiennes. Sur le plan chronologique, c’est v. 41.000 à 40.000 AEC que le ‘’mode 4’’ (PSI) apparut en Mongolie intérieure et en Mandchourie, ainsi qu’on le constate par la découverte d’un débitage laminaire. En définitive, ce progrès technologique pourrait avoir été importé par un peuple occidental qui vint fonder un ‘’hub’’ secondaire en Mongolie où il aurait établi à la fois la base de l’haplogroupe C2 et le noyau des langues déné-caucasiennes orientales [cf. carte M]. Ensuite, au cours de l’Hengelo, c’est peut-être la première expansion de cet haplogroupe C2 – encore indifférencié – dans une vaste région jusque-là vide d’Hommes modernes, qui aurait déterminé, v. 40.000 AEC, la fragmentation de C2 en ses trois grands variants : C2a, C2b et C2c ? Dans son ensemble, le ‘’peuple C2’’ ’était un peuple moderne au comportement moderne : Le site de Xiaogushan (Liaoning) a livré une aiguille en os et une parure (dent perforée) ; et les sites de Tolbor (Mongolie), Khotyk (Trans-Baïkalie) et de Denisova303 (Altaï) ont livré des os décorés. Au total, on peut considérer le ‘’peuple C2’’ comme le pendant extrême-oriental du peuple *Aurignacien, d’haplogroupe C1 et lui aussi de ‘’mode 4’’, qui colonisait l’Extrême-Occident exactement à la même époque !
Les haplogroupe C2b et C2c sont les deux variants majeur de C2. A l’Hengelo, le groupe C2b était peut-être en position septentrionale par rapport aux deux autres variants de C2 ? Et le groupe C2c en position Sud-Ouest de l’aire de C2, peut-être géographiquement à l’Ouest de la Chine du Nord ? Ces deux haplogroupes doivent probablement être placés à l’origine de la famille ethnolinguistique *Déné-Ienisseïo-Sinitique qui fut nécessairement indivise à ses débuts. Plus tard, lorsqu’elle se fragmentera, ce seront des membres du groupe C2b qui seront à l’origine de la colonisation Na-Déné de l’Amérique du Nord ainsi que de la colonisation Ienisseïenne de la vallée de l’Ienisseï, où les langues locales (aujourd’hui en cours d’extinction rapide) se rattachent lointainement à la langue chinoise (han). Par la suite, le chinois parviendra à maintenir jusqu’à nous une association nette avec les haplogroupes C2b et C2c, ainsi que des caractéristiques linguistiques Déné-Caucasiennes ; et cela malgré l’apport de nouveaux haplogroupes et de nouvelles langues dans la région304. Nous verrons dans l’atlas n°4 que c’est probablement une découverte précoce de l’agriculture en Chine du Nord qui constituera, un jour lointain, le moteur de la survie génétique et linguistique d’un vieux peuple paléolithique, en prélude à sa colossale expansion historique. Outre les peuples cités, l’haplogroupe C2b est bien représenté chez tous les peuples Altaïques actuels – c’est-à-dire chez les Turcs, les Mongols et les Toungouses – où il constitue probablement le vieux fond indigène, antérieur à l’eurasiatisation linguistique et génétique de ces peuples qui surviendra avec l’arrivée des porteurs des haplogroupes issus de K2 [cf. carte Q & suivantes, ainsi que l’atlas n°4]. Comme l’haplogroupe C2b, L’haplogroupe C2c existe lui aussi chez les peuples Altaïques, en Chine du Nord et du Sud, en Corée et au Japon ; mais il est mieux représenté chez les Han (Chinois) que chez les Altaïques, ce qui incite à le localiser initialement en position plus méridionale que C2b. On le trouve aussi dans certaines régions du Sud de la Chine et même aux Philippines ; mais ces localisations très méridionales résultent probablement de l’expansion historique du peuple Chinois.
L’haplogroupe C2a est aujourd’hui très résiduel et limité aux îles du Japon ; ce qui évoque une implantation refuge. Dans ce cas, on pourrait tenter de lui assigner une position initiale au Sud-Est de l’aire globale de C2. Profitant d’un climat tempéré, ces populations occupaient peut-être la Mandchourie au cours de l’Hengelo ? A moins que C2a soit tout simplement né à l’occasion du passage fondateur de quelques hommes C2* dans l’archipel du Japon ? Il n’est pas indispensable de donner une plus forte identité à ce peuple dont le destin allait être de s’amalgamer avec d’autres peuples et de se fondre en eux dans le riche creuset où cristallisera le peuple Japonais [cf. aussi atlas n°4].
En raison du climat favorable de l’Hengelo, c’est à cette époque que des Hommes modernes de Cis-Baïkalie pourraient avoir commencé à coloniser la Sibérie Orientale en empruntant le traditionnel boulevard de la Léna ? Le site de Marakovo 4 (Haute-Léna) date de l’Hengelo mais n’a pas donné lieu à une étude archéogénétique. Ces pionniers manipulaient une industrie Paléolithique Supérieure Initiale (PSI) de ‘’mode 4’’ et pourraient avoir porté un haplogroupe C*(non-C2) demeuré en position septentrionale vis-à-vis d’un haplogroupe frère C2 parti s’établir au Sud ? Pour l’heure, cette construction n’est qu’une hypothèse. Jusqu’où ces gens fantomatiques pourraient-ils avoir descendu la Léna en direction du grand Nord ? Peut-être assez loin en raison du beau climat de l’Hengelo, mais cela n’est que déductif. Tout comme il est déductif de penser que les Néandertaloïdes de la Léna – certainement peu nombreux en ces hautes latitudes – furent à la fois absorbés et refoulés en altitude au cours de ce mouvement.
Peuples d’haplogroupe C d’Europe occidentale
Entre le stade d’Hasselo [cf. carte M] et le stade d’Huneborg qui suivit l’Hengelo, plusieurs strates de peuplements modernes s’empilèrent dans le Finis Terrae d’Europe occidentale. Ce qui nous incite à étudier les haplogroupes ADN-Y de manière géographique, en prélude à l’organisation du texte qui sera adoptée dans le reste de l’atlas.
Bien que consacrée au peuple C, nous commencerons cette section sous l’angle géographique en nous interrogeant sur le devenir des populations précédemment qualifiées de *Paléo-Levantines. A la faveur des eaux basses du stade de Hasselo, nous avons proposé que des tribus porteuses des haplogroupes A1a*, A1b-M13 et BT* furent les premières à franchir le Bosphore exondé et à installer une colonie d’Hommes modernes en Europe balkanique [cf. carte M]. Voisine de l’Emiréen proche-oriental, la culture de ces pionniers est appelée Bachokirien305. Cette industrie réalisait une forme de PSI encore mal dégagée du Paléolithique moyen : observation qui pourrait pour partie s’expliquer en raison de ses racines émiréennes, mais pour partie également en raison des conséquences hypo-cognitives de nouveaux métissages survenus entre les colons récemment immigrés et les indigènes Néandertaliens de ‘’pure souche’’ qu’ils rencontrèrent dans les régions du Bas- et du Moyen-Danube ? Dès la présente carte N, ce peuple *Paléo-Levantin devenu peuple *Bachokirien ne sera plus mentionné en tant que tel. Il est toutefois concevable que –ultérieurement repoussés par les vagues *Proto-Aurignacienne et *Aurignacienne avec lesquelles il ne faut pas les confondre [cf. ci-dessous] – les *Bachokiriens aient contribué à la formation des ‘’cultures de transition’’ qui apparurent à l’Hengelo dans tout l’arc montagneux des latitudes moyennes de l’Europe, au Nord de l’aire Proto-Aurignacienne et Aurignacienne. Si ces cultures sont dites ‘’de transition’’, c’est parce qu’elles combinaient des outils leptolithisés et foliacés d’allure moderne, dans un contexte par ailleurs fortement évocateur du vieux substrat moustérien des Néandertaliens d’Europe. Quoique très semblables entre elles, ces cultures mixtes ont reçu plusieurs noms régionaux : Szélétien dans les Carpates, Bohunicien en Moravie, Jankovichien306 sur le Moyen-Danube, Altmühlien en Allemagne, Châtelperronien en France du Centre, de l’Ouest et du Sud-Ouest307, Néronien dans la vallée du Rhône, Uluzzien en Italie péninsulaire et en Grèce. En France du Nord-Ouest, une industrie de type Châtelperronien remplaça le Moustérien plus tard, peut-être seulement v. 38.000 AEC. En Crimée, habituel conservatoire des peuples anciens, l’industrie de Siuren-1 constitua également une industrie mixte à base Néandertalienne, parfaitement équivalente à celles d’Europe Occidentale. Notons qu’il n’y a plus lieu de s’étonner que ces cultures ‘’de transition’’ soient toutes si semblables entre elles en dépit de leur éloignement géographique, dès lors que nous acceptons l’idée qu’elles furent le fruit cognitif de métissages à répétition qui se firent tout au long d’un front de rencontre, plutôt que de simples ‘’expériences culturelles originales’’ qui auraient constituées autant d’invraisemblables générations spontanées identiques, surgies à la même époque chez de purs Néandertaliens jusque-là caractérisés par une stabilité culturelle panchronique ! Si les cultures de transitions réalisaient un mix d’industries moustérienne et PSI, leurs auteurs étaient-ils biologiquement hybrides ? Datés de v. 40.000 à 36.000 ans, les sites Châtelperroniens d’Arcy-sur-Cure et de Saint-Cézaire ont livré des restes humains qui ont été affiliés aux Néandertaliens ; pourtant, il apparait qu’il ne s’agissait pas nécessairement de Néandertaliens de ‘’pure souche’’ car, récemment, une nouvelle étude du squelette postcrânien de Saint-Césaire a montré une mosaïque de caractères Néandertaliens et modernes. De leur côté, les restes humains d’Arcy-sur-Cure sont plus incontestablement Néandertaliens ; mais peut-on vraiment affirmer que ces gens étaient les auteurs du Châtelperronien local et qu’ils ne possédaient aucun gènes modernes ?
Certaines ‘’cultures de transition’’ survécurent au stade de Huneborg ; mais pas toutes, comme le Bohunicien ou encore comme l’Uluzzien de Grèce qui semblent avoir disparu dès la fin de l’Hengelo, v. 38.000 AEC. La plupart des autres ‘’cultures de transition’’ disparurent plutôt au cours de l’interstade de Les-Cottés ou même de celui de Denekamp [cf. carte O]. Cependant, les cultures à pointes foliacées du Nord de l’Europe constitueront, encore plus tard, l’ultime témoignage de cette strate populationnelle hybride, à une époque où les gènes Néandertaliens seront probablement devenus très dilués au sein des populations repoussées vers le septentrion [cf. cartes P & Q]. Pour préciser cette hypothèse, le Moustérien récent à pointe foliacées avait été la matérialisation lithique des cognitions néandertaliennes mâtinées de quelques gènes modernes ; tandis que les cultures à pointes foliacées de l’époque d’Hengelo étaient celles de peuples où la proportion des gènes modernes était peut-être devenue majoritaire ? L’apport de ces cultures à l’origine du Solutréen sera discuté plus loin [cf. carte R].
Le Proto-Aurignacien (P-AUR) – qu’il ne faut confondre ni avec le Bachokirien ni avec l’Aurignacien – apparut en Europe dès le début de l’interstade d’Hengelo, v. 40.000 AEC. Il est venu du Proche-Orient / Anatolie où se trouvait une culture très proche appelée Ahmarien (AHM), elle-même à l’origine de l’Aurignacien ancien du Levant (AUR)308. Ces nouveaux-venus *Proto-Aurignaciens que nous affilions au groupe *Déné-Caucasien-Occidental précédemment décrit, étaient potentiellement porteurs de l’haplogroupe C1a2 que l’archéogénétique révèle en Europe paléolithique et révèlera encore en Espagne, en Hongrie et en Anatolie du début de l’Holocène, entre 8000 et 7000 AEC ; ils pourraient cependant avoir été accompagnés ou précédés par des tribus porteuses des haplogroupes CT* et F* que l’archéogénétique révèle également en Europe paléolithique309. Entre v. 40.000 et 38.000 ACE, à partir des régions balkaniques où il s’était tout d’abord implanté, le Proto-Aurignacien se répandit assez rapidement dans la cuvette des Carpates ainsi que dans les régions méridionales du continent310 (Adriatique, Italie du Nord, Provence, Catalogne). Cette répartition dessine les deux voies classiques de colonisation de l’Europe Occidentale que nous retrouvons lors de toutes les futures intrusions qui passeront par le Bosphore : la voie centre européenne du Danube et la voie du littoral méditerranéen [cf. atlas n°4]. Les *Proto-Aurignaciens produisaient des grandes lames de pierre, minces et rectilignes (i.e. leptolithiques), probablement destinées à être emmanchées sur des hampes de sagaies. Toutefois, des outils de type moustérien persistaient encore en assez grande quantité dans leur industrie ; ce qui sera d’ailleurs toujours le cas chez les Aurignaciens jusqu’au stade d’Huneborg311. Dans les Balkans et sur la côte adriatique, le Proto-Aurignacien est parfois appelé Olchévien.
Deux mille ans plus tard, autour de 38.000 AEC, c’est-à-dire à la fin de l’interstade d’Hengelo ou au début du stade d’Huneborg, c’est potentiellement une nouvelle intrusion d’Humains modernes venus d’Anatolie qui fut à l’origine de l’Aurignacien ‘’typique’’ (AUR). Comme les *Proto-Aurignaciens dont ils étaient très proches mais cependant différenciables, les *Aurignaciens devaient véhiculer une forme de l’haplogroupe C1a2. Dans le même temps, d’autres tribus de ce même peuple durent s’avancer sur la côte levantine où l’Aurignacien du Levant (AUR) constitue une évolution récente de l’Ahmarien312. Malheureusement, la carte N contracte ces deux mouvements successifs des *Proto-Aurignaciens et des *Aurignaciens. Elle laisse encore l’Aurignacien ‘’typique’’ confiné aux régions du Moyen-Danube, réservant son expansion européenne généralisée au cours de l’interstade de Les-Cottés [cf. carte O].
C’est à l’un ou à l’autre de ces peuples voisins – peut-être aux *Proto-Aurignaciens – qu’il faut attribuer les premières peintures européennes v. 38.000 AEC (site d’El Castillo en Cantabrie) ; et plus probablement aux *Aurignaciens qu’il faut attribuer les premières sculptures européennes qui furent également les premières du Monde, v. 38.000 AEC également (site du Vogelherd).
Au total, nous constatons que ce furent bien trois vagues de colonisation successives qui furent à l’origine du premier peuplement moderne de l’Europe Centrale et Occidentale au début du Paléolithique supérieur eurasien. Nous ferons l’hypothèse que la première des trois – la vague *Bachokirienne – absorba l’essentiel du choc du métissage avec les Néandertaliens des Balkans et du Bas-Danube313, puis avec ceux de l’arc carpatique et des monts de Bohême-Moravie ; ce dont aurait résulté un ralentissement de la capacité à innover ? Ce premier bouleversement génétique passé, il est naturel que les deux colonisations suivantes – les vagues *Proto-Aurignacienne et *Aurignacienne – aient été moins impactés cognitivement que la vague pionnière, car les nouveaux-venus ne purent se mélanger qu’avec leurs prédécesseurs immédiats ; c’est-à-dire avec des gens déjà métissés chez lesquels les gènes ‘’pauci-cognitifs’’ étaient déjà dilués et déjà en voie d’élimination naturelle. C’est peut-être cet avantage qui explique le succès colonisateur plus marqué des *Proto-Aurignaciens et des *Aurignaciens, ainsi que la marginalisation des populations pionnières fortement hybridées qui entreprirent alors un mouvement de recul vers le Nord et vers les montagnes, en subissant l’avancée du front de rencontre. Cette situation eut pour conséquence de contraindre ces populations hybrides à maintenir un taux élevé de gènes néandertaliens : cela parce que cette avancée sur des terres inexplorées par les Hommes modernes prolongeait encore et toujours leurs occasions de se métisser avec de nouveaux Néandertaliens de ‘’pure souche’’, même si ceux-ci étaient probablement peu nombreux dans ces régions septentrionales.
En quelque sorte, les industries européennes de transition et leur recul progressif à la fois vers le Nord et vers les refuges montagneux, pourraient donc n’être rien d’autre que la matérialisation archéologique d’une zone tampon mobile entre les Hommes modernes qui avançaient, et les Néandertaliens qui s’effaçaient peu à peu devant eux ! De nouveau, ceci pose la question des capacités cognitives réelles des Néandertaliens. Les cultures de transition exprimaient-elles ‘’mécaniquement’’ les aptitudes cognitives hybrides d’un peuple rendu hybride par le brassage génétique ? Ou bien signifiaient-elles que de purs Néandertaliens avaient eu la possibilité d’apprendre de nouvelles manières de tailler la pierre et apprendre à manier les concepts artistiques grâce au catalyseur que constituait la présence de leurs envahisseurs ? Quoique beaucoup plus romantique, cette seconde hypothèse est beaucoup moins logique car, si cela avait été le cas, le morphotype Néandertalien se serait maintenu jusqu’à aujourd’hui au Nord de l’Europe ! Cela parce que des Néandertaliens nord-européens demeurés de ‘’pure souche’’, mais désormais ‘’civilisés’’, auraient été capables de résister à la pression de leurs envahisseurs modernes, après avoir emprunté à ceux-ci leur culture et par conséquent les moyens de se défendre d’eux à armes égales314 ! Or, tout indique que cela ne fut pas !
Peuples d’haplogroupe C du Maghreb
A l’époque où les *Proto-Aurignaciens et les *Aurignaciens prenaient possession de l’Europe, des Hommes modernes levantins s’infiltrèrent jusqu’en Cyrénaïque sur la côte orientale d’Afrique du Nord, où ils installèrent une culture paléolithique supérieure appelée Dabbéen (DAB). On peut avancer qu’il s’agissait de populations C1a2, proches cousines des envahisseurs *Aurignaciens de l’Europe. Ces gens n’étaient pas les ancêtres majoritaires des Berbères, mais leur haplogroupe C1a2 existe toujours à faible fréquence parmi les Berbères d’aujourd’hui au sein desquels ils se sont depuis longtemps fondus. Des populations CT* les accompagnaient probablement car cet haplogroupe sera plus tard retrouvé chez les *Natoufiens du Levant où il s’était peut-être intégré aux variants de E-M35 dans un processus de cristallisation ethnique [cf. carte W]. Dans sa globalité, leur groupe ethnolinguistique disparu pourrait être appelé *Aurignacien-Méridional. Les restes humains du site de Dabba expriment des traits archaïques, vraisemblablement hérités d’un métissage avec les Néandertaloïdes locaux.
Peuples d’haplogroupe C du Népal
L’haplogroupe C1a2 est également observé à faible taux au Népal contemporain. A partir de l’époque d’Hengelo, une industrie de ‘’mode 4’’ est connue au Népal occidental (site d’Arjun-3), région dont l’évolution technologique continuera à suivre celle de l’Inde315 ; son attribution à un peuple C1a2 n’est qu’une hypothèse construite en symétrie avec l’apparition du ‘’mode 4’’ en occident de la même époque. En retard technologique prolongé, le Népal oriental demeurera quant à lui fidèle jusque v. 6000 AEC aux industries archaïques de ‘’mode 1-2-3’’316. Nous ignorons ce que recouvre cette frontière ethnoculturelle entre les régions orientales et occidentales du Népal.
Peuples d’haplogroupes F(non-GHIJK)
Hormis des tribus vestigiales F* demeurées à proximité du ‘’hub’’ moyen-oriental317 où migrées en Occident (Europe et peut-être Afrique du Nord Orientale), des peuples F1 et F3 devaient vivre au Sud de l’Inde et dans le refuge montagneux du Népal où ils avaient peut-être déjà été repoussés par l’intrusion de nouveaux-venus K2 qui s’étaient potentiellement installés dans la plaine gangétique [cf. ci-dessous]. Sous la pression de ces mêmes intrus ou indépendamment d’eux, les peuples F2 et F4 occupaient peut-être déjà la péninsule indochinoise où ces haplogroupes existent toujours avec des faibles taux. Au cœur de ce que nous avons appelé le ‘’puits cognitif’’ d’Asie du Sud-Est, quelle était la culture de ces derniers ? La réponse est loin d’être claire faute de sites archéologiques en nombre suffisant et surtout suffisamment bien fouillés et bien datés. Il est cependant intéressant de constater que le site de Lang Rongrien (isthme de Kra, Malaisie) a livré des grands éclats évoquant partiellement les lames de pierre que l’on trouve partout ailleurs dans le Paléolithique supérieur d’Eurasie ; mais sans que soient attestés d’autres marqueurs d’une pensée moderne. Pour cette raison, il n’est pas légitime d’affilier ce site au *Quasi Paléolithique Supérieur (QPS) que nous attribuons aux peuples d’Australie et de Chine du Sud à la même époque. A Lang Rongrien, s’agissait-il de populations venues des Indes qui s’étaient déplacées rapidement le long des côtes et avaient ainsi diminué les occasions de métissages avec d’hypothétiques Hommes archaïques qui auraient subsisté dans les forêts de l’intérieur de la péninsule ? Nous ignorons tout des industries qui existaient à l’intérieur des terres indochinoises à l’époque d’Hengelo.
Peuples d’haplogroupes GHIJK
Les peuples ‘’post-GHIJK’’ étaient depuis déjà longtemps engagés dans la 4ème vague de colonisation du Monde par les Hommes modernes [cf. carte L pour le début de l’expansion de cet haplogroupe].
Au cours de l’interstade d’Hengelo, ce mouvement de colonisation était encore principalement porté par les peuples K2a qui étaient déjà implantés dans toute l’Eurasie ; tandis que les peuples K2b commençaient tout juste à suivre leurs traces.
Dans le même temps, au cœur du vieux ‘’hub’’ proche-oriental, les peuples GHIJK*(G), HIJK*(H), IJ et K1(=LT) formaient encore un ensemble homogène mais qui parvenait au seuil de son éclatement. Il ne faut cependant pas se laisser abuser par les sigles distincts dont nous désignons ces variants haplogroupaux qui étaient encore très proches les uns des autres, puisqu’ils étaient tous issus d’un même et unique variant de F*(GHIJK). C’est parce que les variants de F*(GHIJK) s’étendirent par la suite sur une grande partie de la planète – et parce que chacun d’entre eux caractérise aujourd’hui de grands groupes humains – qu’il est légitime de leur conserver des lettres bien à eux (i.e. haplogroupes I, J, L, T, G, H, N, O, P, Q, R, M, et S).
Peuples d’haplogroupes GHIJK(non-K2)
Ensemble au cœur du vieux ‘’hub’’ moyen-oriental où à sa proximité immédiate, les tribus porteuses de ces divers haplogroupes composaient un groupe ethnolinguistique encore homogène malgré une diversification haplogroupale en progression. Nous avons proposé d’appeler ce peuple central *Nostratique-Moyen ou *Nostratique-2. A l’Hengelo, ces gens manifestaient un comportement entièrement moderne, comme l’indique le site de Yafteh où les parures étaient connues (dents perforées). Le Baradostien ancien (BAR ANC), industrie de ces régions, était la forme orientale de l’Aurignacien du Levant, mais contenait déjà quelques microlames quoiqu’en petit nombre :
- La date de naissance de l’haplogroupe G à partir d’une forme ancestrale GHIJK* fait toujours l’objet de débat. Peut-être faut-il la situer vers cette époque au sein d’un sous-groupe *Nostratique-2-Septentrional qui vivait peut-être alors au centre du Zagros318 ?
- L’haplogroupe H se divisa peut-être v. 40.000 à 37.000 AEC en ses variants H1, H2 et H3.319 De nos jours, H1(L902/M3061) et H3(5857) sont localisés aux Indes ainsi qu’en Indochine et en Malaisie où ils se sont probablement implantés après le début de notre ère, dans le contexte de l’expansion hindouiste) ; quant à H2(P96) (ex F3), il a aujourd’hui une répartition occidentale (Sardaigne, Italie, Roumanie, Ukraine, Arménie, Koweit). Comme avec la plupart des haplogroupes, nous retrouvons donc un double destin, oriental et occidental, des porteurs initiaux de l’haplogroupe H : nous ne pouvons que répéter ici, encore et toujours, que ces expansions bilatérales ne sont logiques que si l’on positionne l’origine des haplogroupes concernés dans la région du ‘’hub’’ moyen-oriental. Cependant, les populations H de l’Hengelo n’avaient probablement pas encore quitté les côtes du Hormozgân et du Balouchistan (côte de Carmanie et Gédrosie), où elles formaient un sous-groupe *Nostratique-2-Oriental.
- Peut-être établi au Nord-Zagros (Nord-Ouest de l’Iran actuel) où il avait remplacé les K2a occidentaux partis vers l’Anatolie et l’Europe, l’haplogroupe IJ était encore indivis, formant le support génétique d’un sous-groupe ethnolinguistique *Nostratique-2-Occidental. Plus tard, ses variants I et J s’étendront considérablement [cf. cartes P & suivantes ainsi que l’atlas n°4].
- Encore indivis, l’haplogroupe K1 (= LT) était peut-être implanté au Sud-Zagros (Perside / Fars), constituant la base ethnolinguistique d’un un sous-groupe *Nostratique-2-Central ou *Elamo-Dravidien.
Peuples d’haplogroupe GHIJK(K2)
Ils constituaient la frange extérieure des autres sous-groupes de GHIJK avec lesquels ils avaient autrefois composé l’ensemble *Nostratique-Ancien ; ce qui explique à la fois un certain nombre d’éléments linguistiques nostratiques et une originalité suffisante pour faire des peuples K2 la base d’un nouveau groupe linguistique détaché de cet ensemble, dont les langues Eurasiatiques et Amérindes d’aujourd’hui sont issues. A la fin de l’interstade de Glinde ou au début de l’interstade de Moershoofd, c’est précisément l’installation du peuple K2 sur le plateau iranien qui avait déterminé artificiellement les débuts de ce que nous avons appelé le stade *nostratique-2 de la langue centrale, chez les peuples demeurés en arrière, dans la zone du ‘’hub’’ [cf. cartes K & L].
Peuples d’haplogroupe K2a
Dès le début du Moershoofd, stimulées par un climat tempéré, des tribus K2a* s’étaient rapidement avancées en Asie Centrale et jusqu’en Sibérie Occidentale, dans un mouvement qui est attesté par l’archéogénétique ; tandis que dans le même temps, d’autres groupes K2a* s’étaient peut-être déjà installés au Pakistan, et d’autres encore au Nord-Ouest de l’Iran, laissant leurs frères K2b (= PQRMS) en arrière sur le plateau iranien [cf. cartes L & M].
Peuples d’haplogroupe K2a du Nord
Sur le témoignage de l’archéogénétique, nous avons daté du stade de Moershoofd la colonisation de la Sibérie Occidentale par des peuples K2a* *Eurasiatiques orientaux. Ce nom étant à situer à l’origine des deux grands groupes ethnolinguistiques Ouralo-Youkaghires et Altaïque dont des linguistes ont rapproché les *proto-langues reconstituées et qui sont tous les deux caractérisés par une fréquence élevée à moyenne de l’haplogroupe N1 [cf. carte L]. En effet, c’est sur cette ‘’voie du Nord’’ que le grand haplogroupe N-M231 pourrait être apparu aux alentours de 42.000 AEC, à partir d’une forme racine K2a*(N)320 [cf. carte M]. Puis, c’est au début de l’Hengelo, v. 40.000 AEC, que pourraient s’être séparées les deux branches maitresses de N, c’est-à-dire N1 et N2321. L’haplogroupe N1-CTS11499/L735/M2291322 devait être en position orientale (parce qu’il est aujourd’hui porté par un très grand nombre d’Humains en Eurasie du Nord-Est)323 ; et l’haplogroupe N2-P189.2 devait être en position occidentale (parce qu’il est aujourd’hui vestigial chez les Slaves du Sud où il a fini par pénétrer en provenance d’Europe Orientale à une époque indéterminée). Outre N1 et N2 des formes N*-M231* existent encore aujourd'hui ; elles sont faiblement représentées au Xinjiang324. A l’Hengelo, les tribus N d’Asie Centrale et de Sibérie Occidentale devaient toujours voisiner avec d’autres tribus K2a*(N) en compagnie desquelles elles formaient un même ensemble ethnolinguistique dont les nuances ne nous sont malheureusement pas perceptibles. Profitant des conditions climatiques favorables, c’est peut-être dès cette époque que des porteurs de N1* migrèrent en direction de la Sibérie Orientale et du Bas-Ienisseï325 ? Il se pourrait même que ce soit cette migration qui détermina la scission de N1 (migrants) et de N2 (sédentaires) situés de part et d’autre des grands marécages du bassin de l’Ob326 ? Tous ces peuples maniaient une industrie PSI de ‘’mode (3)-4’’.
Peuples d’haplogroupe K2a du Sud-Est
Au cours de l’interstade de Moershoofd et du stade de Hasselo, d’autres tribus K2a* avaient commencé à s’engager sur la ‘’voie du Sud’’, elles aussi en provenance probable du plateau iranien [cf. cartes L & M]. Nous avons écrit leur haplogroupe K2a*(O) parce que c’est de l’un de ses variants que naîtra un jour le grand haplogroupe O [cf. carte O], et nous avons appelé leur peuple *Proto-Austrique parce que les langues Austriques sont fortement associées à l’haplogroupe O ; langues devenues profondément différentes des autres langues K2 en raison de leur entrechoquement avec les langues indigènes du Finis Terrae – et par ailleurs ‘’puits cognitif’’ – d’Asie du Sud-Est. Ces peuples K2a* étaient accompagnés par des tribus porteuses des haplogroupes K2c et K2d qui sont aujourd’hui vestigiaux en Indonésie (surtout à Java), ainsi que par des tribus porteuses de l’haplogroupe K2e qui s’arrêtèrent au Pakistan et en Inde où on les trouve encore à des taux résiduels. Lors de l’interstade d’Hengelo, hormis les porteurs de K2e demeurés en arrière, les autres tribus avaient peut-être déjà atteint le Bengale où elles avaient installé une industrie Paléolithique Supérieur Initial (PSI) ? Elles pourraient dès lors avoir été talonnées par des tribus K2b*(MS) qui progressaient derrière elles en Inde gangétique ? [cf. ci-dessous].
Malheureusement, les sites indiens anciens sont insuffisamment fouillés et mal datés, voire non datés ! Chronologie précise mise à part, on remarque toutefois que, jusqu’à la frontière des Sundarbans, les industries indiennes connurent les mêmes progrès que dans le reste de l’Eurasie, avec la classique succession d’un ‘’mode 3’’, suivi d’un ‘’mode 4’’, qui sera lui-même prochainement suivi d’un ‘’mode 4-(5)’’. Il faut une fois de plus noter que cette séquence – qui semble avoir progressé au même rythme qu’ailleurs –, contraste fortement avec la très longue stagnation culturelle du Sud-Est asiatique, situé juste de l’autre côté des Sundarbans. Nous avons déjà plusieurs fois proposé une explication génétique et cognitive à l’origine de ce contraste.
Peuples d’haplogroupe K2a de l’Ouest
Les haplogroupes ADN-Y de l’Europe ont été considérablement renouvelés depuis l’époque d’Hengelo ; au point qu’un grand nombre d’entre eux n’existent plus, à moins qu’ils ne subsistent encore à des taux trop faibles pour avoir été identifiés en l’absence d’une étude systématique de l’ensemble de la population européenne ‘’de souche’’. Nous avons précédemment attribué divers haplogroupes aux peuples *Proto-Aurignacien et *Aurignacien, parmi lesquels C1a2 aurait été le principal ? Mais sur le tapis roulant centrifuge où se mouvait l’excédent de population du ‘’hub’’ lors de chaque épisode interstadial, des tribus K2a*327 – proches cousines à la fois des tribus K2a*(N) parties sur la ‘’voie du Nord’’ et des tribus K2a*(O) parties sur la ‘’voie du Sud’’ – avaient suivi les traces des tribus C1a2 sur la ‘’voie de l’Ouest’’ [cf. cartes L & M]. Mêlés aux C1a2 ou en arrière de ceux-ci, ces peuples K2a* occidentaux pourraient avoir intégré le creuset où cristallisa le peuple *Aurignacien. C’est ainsi que les vestiges humains de Pestera cu Oase (Roumanie) étaient ceux d’un homme K2a*328. La lignée patrilinéaire de cet individu semble aujourd’hui éteinte car aucun homme K2a* n’a encore été identifié dans l’Europe actuelle.
Peuples d’haplogroupe K2b
Nous avons situé la position originelle du peuple K2b (= PMS) à l’arrière des populations K2a, dans une région plus proche du ‘’hub’’ originel, qui ne peut guère avoir été que le plateau iranien. Là, au cours du stade d’Hasselo, v. 42.000 AEC, K2b s’était divisé en ses deux variants appelés K2b1 (= MS) et K2b2 (= P)329 [cf. carte M].
- Les tribus K2b1 (= MS) contenaient en germe les ancêtres patrilinéaires des *Papous d’aujourd’hui, chez lesquels les haplogroupes M et S sont très fortement représentés. Au cours de l’interstade d’Hengelo elles pourraient s’être installées en Inde Occidentale, contribuant peut-être à pousser vers l’Est les tribus K2a*(O) *Proto-Austriques. Ces tribus MS étaient accompagnées de groupes K2b2 (= P) porteurs des variants K2b2* (= P*), K2b2a (= P1) et K2b2b (= P2), peut-être apparus v. 37.000 AEC. Nous englobons sous le nom de *Proto-Papouasiens (sensu lato) l’ensemble de peuples où tous ces haplogroupes étaient majoritaires ; tous ensemble, ils réalisaient une 5ème vague de peuplement de l’Extrême-Orient méridional qui suivait les vagues K2a*(O) (4ème), F2-F4 (3ème), C*/C1 (2ème) et DE*/D (1ère). Nous faisons l’hypothèse que c’est du fait de l’entrechoquement de leur langue originelle avec toutes ces langues qui s’étaient superposées en millefeuilles dans le Finis Terrae d’Asie du Sud-Est, que disparurent les caractéristiques nostratiques des langues associées aux haplogroupes M et S. Cependant, aussi peu probable que cela puisse paraître lorsqu’on se réfère à une approche ethnographique traditionnelle, nous n’excluons pas que des linguistes contemporains puissent en observer quelque unes dans ces ‘’langues Frankenstein’’, maintenant que la génétique des haplogroupes ADN-Y éclaire d’une nouvelle lumière l’origine profonde des peuples ?
En Iran Central, peut-être v. 40.000 AEC, K2b2 (= P) avait engendré un variant appelé K2b2a¨P (= P1). Parties sur la ‘‘voie du Sud’’ en compagnie des tribus K2b1 (= MS), K2b2* (= P*) et K2b2b (= P2), certaines tribus P1*(non-Q, non-R) contribuèrent comme nous l’avons vu à la formation du peuple *Proto-Papouasien [cf. ci-dessus]. En revanche, d’autres tribus P1* – que nous pouvons appeler P1*(QR) – allaient connaître un destin bien différent en s’établissant en Asie Centrale, au seuil de la ‘’voie du Nord’’. Nous avons appelé ce peuple *Eurasiatique occidental.
C’est peut-être v. 37.000 AEC que P1*(QR) donna naissance au grand haplogroupe Q-M242 et à un variant P1*(R)330 duquel l’haplogroupe R naitra plus tard :
- En raison de la dynamique d’expansion de ses porteurs – que nous pouvons inférer à partir de leurs positions actuelles et passées supposées – l’haplogroupe Q devait se situer en position septentrionale vis-à-vis de l’haplogroupe P1*(R) demeuré plus proche de l’Iran voire probablement toujours situé en Iran. C’est pourquoi nous nommerons *Eurasiatiques occidentaux septentrionaux les porteurs de Q dont sortiront un jour les Eskaléoutes et les Amérindes ; ces derniers se distingueront par un effilochage rapide de leur langue dès lors qu’ils partiront, seuls, vivre en Sibérie orientale ; phénomène qui s’accentuera sans commune mesure lorsqu’ils pénètreront, toujours seuls, dans l’immense Amérique où ils pourront s’égayer sans contrainte à l’origine de nouvelles cristallisations ethnolinguistiques. Le mouvement de l’haplogroupe Q dans les steppes asiatiques sera amorcé par son variant Q1 au cours de l’interstade de Denekamp [cf. carte O].
- L’haplogroupe P1*(R) constitua dès lors le support d’un peuple *Eurasiatique occidental septentrional qui demeura en arrière, sur le plateau iranien, faisant la jonction avec l’ensemble Nostratique-Moyen. Ce n’est probablement que lors de l’interstade de Maisières qu’une de ses fractions – dans laquelle se trouvaient potentiellement les ancêtres patrilinéaires et linguistiques des Tchouktches et des Nivkhes – commencera à s’engager dans les steppes asiatiques, laissant en arrière le groupe dont sortiront un jour les Proto-Indo-Européens [cf. carte P].
Peuples du Levant
La logique géographique s’impose ici encore pour décrire le Proche-Orient de l’Hengelo où le vieux peuple *Paléo-Levantin avait disparu. Il est difficile d’attribuer les industries levantines du PSI à des peuples précis. Risquons-nous toutefois aux assimilations suivantes :
1) L’Emiréen (EMI) avait autrefois résulté d’une acculturation PSI des derniers *Paléo-Levantins, que nous avons situés en position ancestrale des *Bachokiriens d’Europe [cf. carte M], et par-delà ceux-ci des ‘’cultures de transitions’’ européennes. Avec A1a*, A1b-M13 et BT* pour principaux haplogroupes ADN-Y.
2) L’Ahmarien (AHM) était une forme ancienne de l’Aurignacien du Levant, et était la culture des ancêtres proche-orientaux des *Proto-Aurignaciens d’Europe [cf. cartes L & M] ; le site de Manot (v. 45.000 à 38.000 AEC) témoigne de cette époque *Proto-Aurignacienne du Levant ; c’est v. 40.000 AEC, au début de l’Hengelo, qu’une fraction de ce peuple devint les *Proto-Aurignaciens d’Europe. Les principaux haplogroupes ADN-Y pourraient avoir été CT*, F* et C1a2.
3) Avant le début de l’Hengelo, les ancêtres des ‘’véritables’’ *Aurignaciens étaient peut-être la composante la plus orientale de ce même peuple et pourraient avoir vécus quelque part dans la région du Haut-Tigre et du Haut-Euphrate ? Puis, v. 40.000 AEC, ils pourraient s’être répandus à la fois au Levant et en Anatolie orientale, contribuant à pousser leurs prédécesseurs *Proto-Aurignaciens en direction de l’Europe ? Au Proche-Orient, les deux peuples proches se mêlèrent vraisemblablement ? En effet, à partir de cette époque, l’Ahmarien est inter-stratifié avec l’Aurignacien du Levant (AUR) qui était la culture de ce nouveau peuple. Le principal haplogroupe semble avoir été C1a2, peut-être marginalement accompagné par K2a* ?
4) Nous avons vu plus haut que cet Aurignacien du levant – que ce soit sous sa forme ancienne ou sous sa forme plus récente – était lui-même lié au Dabbéen (DAB) d’Afrique Nord-Orientale. Tous ces peuples pourraient avoir parlé des langues Déné-Caucasiennes et avoir compris une majorité d’individus C1a2 mêlés à des CT*.
Plus loin vers l’Est, dans les Zagros, le Baradostien ancien (BAR ANC) était le pendant oriental de l’Aurignacien, mais était porté par les peuples issus de GHIJK [cf. ci-dessus].
Hommes archaïques
L’Hengelo fut le crépuscule des Hommes archaïques. Le climat favorable permit aux hommes modernes de se répandre rapidement dans presque toute l’Eurasie, parce qu’ils étaient mieux outillés et, de ce fait, plus féconds que les Hommes archaïques. Partout où les deux peuples se rencontrèrent, les mécanismes universels de génocide, de refoulement dans les refuges et d’assimilation partielle durent se produire activement. Etant désormais cantonnés aux zones les plus hostiles, les hommes archaïques de pure souche virent donc chuter encore leur fécondité.
Toutefois, certaines régions de l’Eurasie demeuraient toujours peuplées par d’authentiques Néandertaliens :
- En Europe, au-delà de la zone tampon des ‘’industries de transition’’ mixtes [cf. ci-dessus], les régions septentrionales du continent demeuraient encore pleinement moustériennes et donc probablement pleinement Néandertaliennes ; c’était aussi le cas de l’Espagne où la ‘’frontière de l’Ebre’’ sépara jusque v. 30.000 AEC les Hommes modernes au Nord, des Néandertaliens au Sud ; et aussi le cas du Sud de l’Italie où l’on observe des vestiges moustériens tardifs, probablement parce que des Néandertaliens de ‘’pure souche’’ ou encore peu métissés parvinrent à se maintenir dans ce Finis Terrae plus longtemps qu’ailleurs. On ne connait pas de vestiges paléolithiques supérieurs en Corse et en Sardaigne avant v. 20.000 AEC, non plus qu’aux Baléares avant le Néolithique ; mais même si nous n’en n’avons aucune trace, rien n’aurait empêché d’éventuels Néandertaliens insulaires d’avoir subsisté aussi longtemps dans ces refuges ? Par ailleurs, dans les Balkans du début de l’Hengelo, les Néandertaliens récents de Vindija-G1 sont datés de v. 40.000 AEC331. Ces derniers étaient-ils des Néandertaliens de ‘’pure souche’’ ? La question peut paraitre iconoclaste mais ces personnes présentaient une morphologie gracile qui a été notée dès leur découverte, ainsi que quelques traits anatomiques modernes qui autorisent parfaitement à se poser la question d’un flux génique. Les Hommes de Vindija étaient-ils des Néandertaliens avec un faible taux de gènes modernes ? Tandis que ceux de Saint-Césaire auraient été des Hommes modernes avec un très fort taux de gènes Néandertaliens ? Tyrannie des seuils !
- Le Caucase aussi semble avoir servi un temps de refuge à des populations Néandertaliennes.
- En Sibérie, les Humains modernes rencontrèrent nécessairement des Néandertaliens dont la présence est attestés à Okladnikov (Altaï) v. 38.000 AEC ; les régions de l’Altaï et du Haut-Ienisseï allaient même continuer à servir de refuge à des Hommes archaïques jusqu’au début du MIS 2. Ils seront les derniers du Monde.
- Des outils moustériens non datés, retrouvés au Chang-Tang (Tibet Occidental), pourraient dater de l’Hengelo si l’on veut bien admettre que seule une période assez chaude pouvait autoriser la vie de Néandertaliens à cette altitude.
Enfin, le peuple archaïque que nous appelons Dénisovien Méridional dans cet atlas, est un peuple fantôme dont l’existence ne nous est pour l’instant accessible qu’au travers d’un raisonnement étayé par deux faits : 1) ce sont les peuples Océaniens, anciennement issus du Sud-Est asiatique, qui expriment aujourd’hui le plus fort taux de gènes dénisoviens ; et 2) le long retard technologique de l’Asie du Sud-Est, s’explique au mieux par la longue survivance d’un peuple à la fois très pauci-cognitif et assez densément représenté sous ces latitudes favorables. Sans qu’aucun vestige matériel ne vienne confirmer son existence, nous avons fait l’hypothèse que ce peuple de spectres – de plus en plus métissé par les apports modernes au fil des millénaires – serait parvenu à subsister longtemps dans les forêts montagneuses de l’intérieur des terres, distillant sur le long terme ses gènes ‘’pauci-cognitifs’’ à chaque vague de nouveaux arrivants qui s’écartaient des côtes pour pénétrer à l’intérieur des terres.
SUCCES MIGRATOIRE DES PEUPLES ET TECHNOLOGIES
Après ce tour d’horizon des peuples modernes déjà bien diversifiés, ouvrons une parenthèse pour nous demander une fois de plus si les expansions humaines successives dont nous écrivons l’histoire oubliée à l’Est et à l’Ouest de l’Eurasie, n’ont pas été mues par le progrès technologique ?
- Au tout début de l’expansion moderne en Eurasie, les peuples DE* / D – première vague – disposaient d’une technologie levalloisienne parfaitement identique à celle des Néandertaliens ; mais leur avantage cognitif, même modeste, pourrait suffire à expliquer leur expansion rapide dans les régions chaudes d’Eurasie, c’est-à-dire dans des régions idéales pour une espèce tropicale encore dépourvue de moyens d’adaptation artificiels. Nous avons vu que, par la suite, la sélection naturelle, le progrès des vêtements et le legs génétique des Hommes archaïques constitutionnellement mieux adaptés au froid, leur permit de remonter de plus en plus loin vers le Nord.
- Pourquoi les peuples C – deuxième vague – repoussèrent-ils les peuples D en Orient et les peuples A1 et BT en Occident ? Se pourrait-il que les armes de jet emmanchées (sagaies) aient constitué l’innovation technologique qui leur permit de se répandre de partout en Eurasie ? Mais outre cela, se pourrait-il qu’ils aient eus un avantage cognitif sur leurs prédécesseurs ? En effet, du côté oriental, les peuples D – qui avaient absorbé le premier choc du métissage avec des Humains archaïques particulièrement archaïques – étaient peut-être encore ‘’semi-modernes’’ sur le plan cognitif ? Tandis que du côté occidental, le peuple *Paléo-Levantin / *Bachokirien pourrait lui aussi avoir été ‘’semi-moderne’’, quoique de manière moins accusée parce que les Hommes archaïques étaient moins archaïques en Occident (Néandertaliens) qu’en Extrême-Orient (Dénisoviens). Quoiqu’il en ait été, les peuples C s’imposèrent de la même manière et à la même époque aux deux extrémités de l’Eurasie. Ce parallélisme remarquable dans ces deux régions opposées doit être souligné : c’est à l’Hengelo qu’apparut un comportement moderne que nous repérons facilement grâce aux manifestations picturales figuratives représentant des animaux (sites d’El Castillo en Espagne et de Lubang Jeriji Salèh à Bornéo). Dans les deux cas, nous proposons d’attribuer ces sites à des peuples porteurs de l’haplogroupe C.
- La troisième vague de peuplement, celle des peuples F, pourrait n’avoir été que la queue de cette conquête des peuples C, que nous imaginons avoir été entreprise à portée de sagaie ?
- Enfin, pour poursuivre ce raisonnement associant technologie et colonisation, serait-ce l’invention du propulseur – potentiellement apparu dans la zone du ‘’hub’’ ? – qui allait devenir le moteur des quatrième et cinquièmes vagues de peuplement, celle des peuples de l’haplogroupe IJK, représentés par ses variants K2a*(N) et K2b*(P/QR) en Sibérie (et par-delà aux Amériques), et par ses variants IJ en Occident (Proche-Orient, Europe et Afrique) ? [cf. cartes O & suivantes]. Rien ne permet d’affirmer une relation entre ce progrès technique et ces différentes vagues de peuplement issues d’IJK. Cependant, il faut remarquer que le propulseur sera introduit en Europe aux alentours de 30.000 AEC, et donc probablement par les porteurs *Proto-Gravettiens du variant I de IJ ; tout comme il sera l’une des armes emblématiques des peuples Amérindes K2b(Q1) préhispaniques. Le propulseur aurait-il aussi été introduit en Extrême-Orient par les peuples *Proto-Austriques K2a(O), et au Sunda par les peuples *Proto-Papouasiens K2b(MS) qui l’utilisaient encore quotidiennement il y a un siècle ? Quoi qu’il en ait été de sa relation avec l’expansion des peuples IJK, en multipliant la force du lancer, le propulseur permettait aux guerriers d’attaquer en se tenant loin des ennemis qui se trouvaient alors incapables de riposter avec de simples sagaies ; si les IJK l’ont vraiment possédée, une telle arme pourrait véritablement avoir constitué un atout déterminant dans les luttes incessantes qui ne cessèrent jamais d’opposer les groupes humains les uns contre les autres.
Autorisons-nous encore une remarque additionnelle. Contrastant avec les mondes africains et australiens – dont les Humains portaient exclusivement de ‘’vieux haplogroupes’’, (A, BT / B, et DE / D + E) –, le monde eurasien apparait avoir été une construction remarquablement homogène sur tous les plans. Il était homogène sur le plan génétique puisque pratiquement tous ses haplogroupes ADN-Y étaient et sont toujours des variants du seul haplogroupe CF. Il l’était sur le plan technologique, avec tout d’abord un ‘’mode 3’’ levalloisien ‘’classique’’ qui évoluera en un homogène ‘’mode 4’’ laminaire de type PSI. Il l’était vraisemblablement aussi sur le plan religieux avec une spiritualité que nous devinons chamanique et qui subsistera jusqu’au XIX° siècle dans certaines régions reculées du continent ; tandis que l’Afrique et l’Australie exprimaient dans le même temps des approches assez différentes de la relation au Monde surnaturel. Il l’était enfin sur le plan mythique, puisque les peuples eurasiens (dont les amérindiens) partagent les variantes de nombreux récits qui pourraient remonter au Paléolithique supérieur ; comme les récits de la chasse cosmique, du corbeau démiurge ou encore celui du plongeon créateur. A cette liste nous pouvons également ajouter la croyance aux dragons qui est très eurasienne elle aussi. En étudiant méthodiquement les éléments partagés par les mythes – que ceux-ci aient été fossilisés dans la littérature écrite ou bien recueillis oralement par les explorateurs occidentaux depuis le XVII° siècle –, les savants de notre temps nous ouvrent un accès inespéré aux récits merveilleux qui enchantaient déjà nos ancêtres de l’Hengelo.
Notes
Notes :
(302) Spitzine = Streletskaya ancien.Retour
(303) Une aiguille, trouvée à Denisova, date peut-être aussi de cette époque. On ignore les haplogroupes des habitants du site à l’époque d’Hengelo ; ils étaient peut-être C ou N ?Retour
(304) Essentiellement l’haplogroupe O dont le lien avec les langues Austriques est fort.Retour
(305) L’association entre ces haplogroupes et le bachokirien n’est qu’une hypothèse.Retour
(306) Nous mentionnons le Jankovichien avec les autres cultures parce qu’il était de même nature. Toutefois, il semble avoir été limité à l’époque d’Hasselo [cf. carte M]. A l’Hengelo, il fut recouvert par l’installation des peuples *Proto-Aurignacien et *Aurignacien.Retour
(307) Autrefois appelé périgordien-1 ou périgordien-ancien. L’absence de Châtelperronien sur la côte méditerranéenne ne correspond pas à une lacune de nos sources. Cela provient simplement de la plus grande densité des populations modernes dans la région.Retour
(308) Plutôt qu’en position ancestrale, cette culture proche-orientale est parallèle à l’Aurignacien d’Europe, entre v. 40.000 et 30.000 AEC. Elle est surtout proche du Proto-Aurignacien qui, lui-même pourrait avoir été parallèle plutôt qu’ancestral de l’Aurignacien ‘’classique’’.Retour
(309) L’homme de Pestera Cu Oasa (Roumanie), v. 38.000 AEC, était F*.Retour
(310) Des influences bachokiriennes ont été décelées dans le proto-aurignacien d’Italie du Nord, ce qui permet de bien visualiser le trajet du Proto-Aurignacien vers l’occident.Retour
(311) Leur utilisation diminua rapidement par la suite.Retour
(312) L’Aurignacien du Levant n’est pas l’industrie ancestrale de l’Aurignacien d’Europe, mais son équivalent en contemporain proche-oriental.Retour
(313) Les Néandertaliens de ces régions clémentes étaient peut-être plus nombreux que leurs cousins du nord de l’Europe.Retour
(314) Tout récemment, c’est l’exploit qu’on accompli les Japonais qui se sont modernisés à marche forcée et ont échappé à la colonisation. Mais comme tous les peuples qui ont été confrontés aux bouleversements de ‘’l’ère des découvertes’’, les japonais, bien qu’en retard technologiquement, luttaient à armes cognitives égales contre leurs envahisseurs européens.Retour
(315) L’industrie du Népal occidental est parfois dite de Dang-Deokhuri. Toutefois, il s’agit d’un terme trop vague qui qualifie indifféremment la période moustérienne de ‘’mode 3’’ que la période PSI de ‘’mode 4’’. Il n’est donc pas satisfaisant !Retour
(316) Cette industrie est parfois appelée Patu.Retour
(317) Nous ne les mentionnons plus sur les cartes.Retour
(318) C’est-à-dire au Sud du sous-groupe occidental IJ. Etant donné la dénomination ethnolinguistique que nous proposons pour les G, cela peut paraître paradoxal. Mais cette dénomination ne fait qu’anticiper la future position de G une fois que les IJ seront installés dans l’Ouest.Retour
(319) Appellations de la base ISOGG 2018.Retour
(320) K2a*(N) signifie que, bien que l’haplogroupe N n’existait pas encore, c’est dans ce groupe particulier de K2a* que se trouvait la lignée d’hommes d’où émergera N.Retour
(321) ISOGG 2018.Retour
(322) Comme dans le reste de l’atlas, nous nous référons à la base ISOGG 2018.Retour
(323) Il l’est aussi au Nord de l’Europe orientale, mais il s’y est tardivement implanté lors de la colonisation Ouralienne de ces régions [cf. atlas n°4].Retour
(324) Ainsi qu’en Chine du Sud et en Indochine du Nord où on peut postuler qu’elles ont été véhiculées par les invasions mongoles.Retour
(325) Sur le Bas-Ienisseï, sur le site de surface de Sopochnaya-Karga, on a trouvé des traces de décharnement d’une carcasse de mammouth par des Humains. L’attribution de ce site à une tribu d’haplogroupe N1 est contextuelle.Retour
(326) Ce sera bientôt la même chose pour Q1 (migrants) et Q2 (sédentaires).Retour
(327) Il n’est pas possible de leur attribuer une lettre entre parenthèses comme nous le faisons pour leurs frères K2a*(N) partis sur la ‘’voie du Nord’’ et pour leurs frères K2a*(O) partis sur la ‘’voie du Sud’’. Cela pour la raison qu’aucun grand haplogroupe comme N ou O n’émergea jamais de ce groupe qui eut moins de chance.Retour
(328) Une précédente analyse moins fine l’avait attribué à l’haplogroupe F*, dont K2a* est l’un des nombreux variants.Retour
(329) Une fois de plus, nous constatons que des mêmes haplogroupes se retrouvent à l’Ouest, à l’est et au Nord : K2a en Europe, en Sibérie et en Asie du Sud-Est ; K2b en Sibérie et en Asie du Sud-Est. C’est logique, tout ceci provient du ‘’hub’’ moyen-oriental.Retour
(330) Il ne faut pas confondre ces tribus P1* parties sur la ‘’voie du Nord’’ avec les tribus P1* parties sur la ‘’voie du Sud’’. C’est pourquoi nous nommons les premières P1*(R), parce que celles-ci – et pas les autres – contenaient en germe le futur haplogroupe R.Retour
(331) En 2017, l’âge du site a été recalculé v. 40.000 AEC.Retour